Rendre l'eau à sa nature

La route de l’eau

La route de l’eau

En 20 ans, le territoire imperméabilisé du Valenciennois a doublé. Ce constat dramatique, le SIAV y répond en changeant ses pratiques de gestion de l’eau pluviale. C’est la fin du « tout tuyau » et des grands bassins de rétention, qui cèdent la place à une gestion à la parcelle grâce à la mise en oeuvre de techniques alternatives.

Après la rénovation durant plus de 20 ans de son réseau d’assainissement qui représente aujourd’hui un linéaire de plus de 772 kilomètres, assurant la desserte de 100 % de son territoire, le SIAV se penche actuellement sur la problématique d’une nouvelle gestion des eaux pluviales, notamment remise en question depuis les années 2000 par les changements climatiques importants.

« Poser des tuyaux de collecte des eaux pluviales de plus en plus gros n’est pas une solution durablement efficace »

Poser des tuyaux de collecte des eaux pluviales de plus en plus gros, construire des bassins de rétention des eaux de pluies de plusieurs milliers de mètres cube, extrêmement coûteux en construction et en entretien, n’est pas une solution durablement efficace. Les événements de l’été 2012 l’ont douloureusement rappelé.

Malgré un bon fonctionnement des ouvrages et notamment du bassin Matisse réalisé à « Aulnoy le bas », ces derniers ont montré leurs limites et c’est tout le haut de la commune qui a été inondé, principalement en raison du ruissellement des eaux provenant de l’université, site de plus en plus urbanisé.

« Trouver des réponses techniques, financières et environnementales pertinentes »

Face à cette situation, le SIAV s’est mobilisé avec l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, la commune d’Aulnoy-lez-Valenciennes et l’Agence de l’Eau afin de trouver des réponses pertinentes, tant sur les aspects techniques que financiers et environnementaux.

Aujourd’hui, la construction d’un vaste plateau d’infiltration sur le site de l’université, mettant en oeuvre diverses techniques appelées techniques alternatives, va permettre de retenir sur place
3 700 m3 d’eau de pluie au lieu des 1 500 m3 qu’aurait pu stocker un bassin en béton. Le coût final de cette opération, subventionnée par l’Agence de l’Eau à hauteur de 60 %, sera de moins de 500 000 euros au lieu de 2 millions d’euros !

L’espace créé, baptisé « La Route de l’Eau », va en plus de sa fonction de protection, valoriser le site de l’université par la création d’un vaste parc urbain pédagogique de démonstration des nouvelles techniques mises en oeuvre, véritable nouvelle trame bleue et verte au coeur d’une zone urbaine. Avec l’université et l’association « ADOPTA », ce sont des formations initiales et continues qui vont pouvoir être dispensées au bénéfice des étudiants mais également des
communes des entreprises et de tous les partenaires du SIAV.

Dans les mois qui viennent, le SIAV va réaliser une étude permettant de développer ces solutions sur l’ensemble du territoire des 9 communes du syndicat. Le but sera toujours de dépenser moins tout en développant des équipements plus beaux et plus efficaces, protecteurs de l’environnement et sources d’économie pour les budgets des villes.

Par cette initiative, le SIAV souhaite augmenter le pouvoir d’investissement des communes et le pouvoir d’achat aux citoyens tout en s’inscrivant dans les objectifs d’une meilleure gestion de l’eau et plus largement ceux du grenelle de l’environnement.


Gallerie photos